Dernier secret de la Joconde

June 22, 2018

Quand le hasard objectif met en scène un personnage aussi extraordinaire que Léonard de Vinci, et un tableau aussi célèbre que celui de la Joconde, le risque est grand de susciter un scepticisme ironique, voire accusateur, si ce n’est, chez les plus malveillants, une jalousie féroce.

 

Et pourtant, je garantis l’authenticité absolue de l’histoire qui va suivre.

 

Quelques jours après la disparition de ma mère, en 2005, à l’âge fort respectable de 96 ans, j’ouvris une vieille boîte en carton, remplie de photos de famille, et mon attention fut attirée par celle-ci.

 

 

L’examinant avec attention, j’observai que la position des mains évoquait celle des mains de la Joconde, mais inversée de gauche à droite. Me vint aussitôt l’idée de lui faire subir une symétrie horizontale, bien dans les habitudes de Léonard, ce qui légitimait à mes yeux l’opération.

 

 

Le résultat, qui m’impressionna beaucoup, me conduisit à mettre les deux personnages à la même échelle, et à les disposer côte à côte.

 

 

La parenté des deux portraits est très remarquable, et ne se limite pas qu’aux mains, c’est une évidence.

Mais il y a plus encore : la rencontre est chargée de symboles, ce qui aurait ravi Carl Gustave Jung, qui voyait là un complément indispensable aux coïncidences, sans cela banales.

En effet, discrètement, certes, mais de façon irréfutable, je suis aussi « dans » la photo, car, au dos, figure une date : Janvier 1936, soit deux mois avant ma naissance !

Et il faut se souvenir que plusieurs historiens de l’art ont émis l’hypothèse que Mona Lisa était enceinte quand Léonard fit son portrait.

 

Mon intérêt irrépressible pour la géométrie des tracés, si chère aux artistes de la Renaissance, s’expliquerait-elle par cette paternité symbolique ? Irrésistible tentation !

D’autant qu’en 1952, l’année de mon premier baccalauréat, j’avais demandé à ma mère, comme cadeau, les « Carnets de Léonard de Vinci ».

Que voilà une mécanique bien huilée, digne du Grand Horloger de Voltaire.

 

Oyez, oyez, bonnes gens, et regardez, le miracle ne s’arrête pas là !

 

Remis de mes émotions, et observant l’image plus en détail, il me sauta aux yeux qu’un nouveau hasard géométrique totalement improbable caractérisait l’image : le barreau de la fenêtre, derrière ma mère, s’aligne exactement avec la surface du lac, dans le lointain, à droite de la Joconde. Car, si l’on se réfère au grand critique d’art Daniel Arasse, hélas aujourd’hui disparu, il s’agit bien d’un lac.

 

 

A l’examen, une singulière anomalie apparait : la ligne orange qui surligne cette nouvelle occurrence géométrique n’est pas horizontale, ce qui veut dire que la surface du lac représenté par Léonard de Vinci ne l’est pas non plus. Voilà qui ne peut manquer de surprendre, de la part d’un artiste connu pour l’étendue de ses connaissances scientifiques, et si perfectionniste. La figure qui suit rend parfaitement compte de cette anomalie.

 

 

L’inclinaison de la surface du lac est facilement mesurable, elle atteint 2 degrés 51 minutes d’arc, soit pratiquement 3 degrés, ce qui est loin d’être négligeable.

 

 
Deux copies de la Joconde vont donner encore plus de consistance à mon propos.

La première, réalisée au XVIIème siècle, a été acquise le 21 Mars 2018 par un collectionneur de Floride.

 

 

 

Confronté à son modèle, ce copiste « rectifie » sans vergogne « l’erreur » de Léonard : la surface du lac est parfaitement horizontale, ce qui semble aller de soi pour lui, et il n’hésite pas à s’écarter délibérément de son modèle.

 

 

La deuxième copie, plus connue, dite « copie du Prado », est contemporaine de la Joconde.

Elle aurait été réalisée dans l’atelier de Léonard de Vinci, par l’un de ses élèves.

 

 

 

Là encore, la rectification de « l’erreur » de Léonard semble assumée sans l’ombre d’une hésitation.

 

 

Pour conclure, il y a là, pour moi, un double mystère :

 

- pourquoi Léonard de Vinci, si attentif aux lois de la physique, les a-t-il ici transgressé ?

 

- comment expliquer que, semble-t-il, personne ne s’en soit aperçu jusqu’à aujourd’hui, pas même Daniel Arasse, qui n’avait pourtant pas les yeux dans sa poche ?

 

Alors, un nouveau secret de la Joconde ?

 

Je pose cette question.

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Posts à l'affiche

Le processus de création

March 23, 2018

1/1
Please reload

Posts Récents
Please reload

Archives
Please reload

Rechercher par Tags

I'm busy working on my blog posts. Watch this space!

Please reload

Retrouvez-nous
  • Facebook Basic Square
  • Twitter Basic Square
  • Google+ Basic Square

© 2018 par Pol Events

  • Claude Genzling