Des grains de caviar à l'anthropologie ternaire


L’histoire qui va suivre est de la plus haute invraisemblance, et pourtant, elle est parfaitement authentique.

Elle montre, par les résultats obtenus, qu’une expérimentation poétique de la vie, mais d’une absolue rigueur géométrique dans ses procédés, peut conduire à des résultats aussi cohérents qu’inattendus.

Le 9 Janvier 1994, en fin d’après-midi, je décidai de consacrer ma soirée à la rédaction du contenu détaillé d’un essai intitulé « Les espaces du piano ».

Cet essai sur la technique pianistique, grâce auquel, dans un premier temps, j’avais beaucoup progressé moi-même, m’avait été inspiré par Maria-Joao Pirès.

J’avais pu échanger avec cette très grande pianiste portugaise à la suite d’une incroyable série de hasards « objectifs » qui, j’en ai la conviction, auraient fait la joie d’André Breton et de Carl Gustav Jung.

L’importance de l’enjeu était telle pour moi, simple pianiste amateur, que j’avais prévu d’accompagner l’élaboration de ce texte par un dîner hors normes : une boîte de caviar, du pain bis, et une très bonne bouteille de Bordeaux.

N’allez pas croire que cette boîte de caviar résultait de mon insolente santé financière, elle m’avait été offerte par des étudiants russes auxquels j’enseignais les mathématiques, à l’Ecole d’Architecture de Paris la Villette.

C’est ici que Robert Changeux entre en scène. J’ai raconté, lors d’une conférence à l’Université de Metz, que l’on trouve à la rubrique « vidéos » de ce site, comment il m’avait transmis les clés de ma géométrie, à travers une conscience et une observation renouvelée du monde qui nous entoure. Il m’avait dit « le nombre 14 à pour vous une importance particulière ».

Et comme j’avais maintes fois constaté la justesse de ses intuitions, ce nombre était toujours présent en arrière-plan dans ma conscience.

Le travail ayant été accompli, je m’apprête à jeter le couvercle de la boîte de caviar, mais, le retournant, je remarque la figure constituée par les grains qui y adhèrent, qui ressemble à une petite constellation.

Et, machinalement, je les compte : il y en a 14.

Ne disposant pas, à cette époque, d’un appareil photo numérique, je reporte sur un calque la figure formée, présentée ici en négatif.

Le soir même, je téléphone à Robert Changeux, pour lui montrer une première analyse très succincte de la figure, présentée ci-dessous.

C’est alors qu’il devina que l’angle de 37 degrés intervenait dans cette figure de façon majeure, et que ce serait « l’angle du Vulcain idéal », j’y reviendrai. En attendant, voici la figure que je pus tracer dès le lendemain, sur la base de ses indications.

Sans entrer dans les détails, qui alourdiraient inutilement le propos, je passe directement à la figure du Vulcain dit « idéal », telle que je pus la mettre au point le 10 Janvier.

Il se compose de 3 angles de 36,86 degrés , arrondis à 37 degrés, dont les 3 bissectrices concourent au même point.

La précision du 1/300ème est largement suffisante pour les tracés.

La comparaison de cette figure avec le dessin de Robert Changeux dénommé Vulcain légitime l’origine de cette appellation.

Ce « Vulcain idéal » s’est révélé, au fil des années, comme l’opérateur essentiel de toutes les analyses d’images que j’ai effectuées au moyen de l’angle de 37 degrés.

En découle toute mon œuvre géométrique.

Cela ne cesse d’étonner.

A titre d’exemple, voilà comment Vulcain s’inscrit dans la main de Picasso.

Changement complet de décor, pour cette deuxième séquence dont j’étais très loin d’imaginer qu’elle me ramènerait à la première, dont je viens de vous narrer les péripéties.

Plusieurs années auparavant, j’avais assisté, pour la première fois, à un récital de Maria-Joao Pirès, au Théâtre des Champs Elysées.

C’était le 25 Février 1992.

Auparavant, je ne l’avais vue qu’à la télévision, où son interprétation du 23ème concerto pour piano de Mozart m’avait bouleversé, le mot n’est pas trop fort.

Et, avec une singulière audace, je lui avais offert, lors de la séance de dédicaces, un livre dont j’ignorais absolument s’il était susceptible de l’intéresser, ce qu’elle avait très aimablement accepté. Voici la couverture de ce livre.

Cinq ans plus tard, dans le courant de l’année 1997, retrouvant ce livre dans ma bibliothèque, il m’est venu une idée : et si je tentais de traduire géométriquement la création de l’homme, à son image, par le Dieu trinitaire?

Ayant acquis une grande confiance dans mes découvertes, j’aimais me lancer des défis, le plus souvent couronnés de succès.

Comment représenter Dieu ?

Dans de nombreuses traditions, le cercle symbolise le Ciel, et le carré la Terre.

J’ai donc opté pour le cercle, et plus précisément par trois cercles superposés, qui engendreraient, chez l’homme, le corps, l’âme, et l’esprit.

Et, comme dans un film fantastique, j’imaginai la descente de Dieu vers la terre.

Avec cette première image, le triple cercle divin commence sa descente.

Il poursuit sa descente.

Et il atterrit, la surface terrestre étant représentée par une ligne horizontale.

La création de l’homme est une incarnation, le corps est donc créé en premier, par rabattement du premier cercle divin dans le sol.

Je lui attribue la couleur rouge, celle du sang.

Les deux autres cercles divins, immatériels et superposés, apparaissent donc maintenant comme un cercle vert, la couleur complémentaire du rouge.

Dieu a alors une idée.

Il se dit qu’il lui faut consolider le lien qui unira le corps de l’homme, matériel, à sa partie immatérielle, qui pour l’instant n’a qu’un point de contact avec lui, le point de tangence, dont Euclide nous a bien dit qu’il n’a pas de dimension, pour adopter un langage contemporain.

De la sorte, ce n’est qu’au moment de la mort qu’ils pourront se séparer.

Le rectangle blanc symbolise ce lien.

Il vient alors à Dieu une deuxième idée.

Si les deux cercles qui me restent se transforment, chez l’homme, en un seul cercle, il restera dans la confusion et ne pourra jamais comprendre son ambivalence spirituelle.

Il décide donc de séparer les deux cercles spirituels, et le seul moyen géométrique dont il dispose est de faire tourner l’un de ces deux cercles par rotation autour du centre du corps, ce qui lui permet de garder un point de contact.

Le mouvement commence.

La figure ainsi obtenue lui apparait aussitôt comme instable, les deux rectangles ne s’attachant pas l’un à l’autre.

D’ailleurs, il serait logique que l’angle de la rotation ait une valeur significative, parfaitement légitimée. Euréka !

Si l’on attache les deux rectangles par les deux sommets en cours de rapprochement, un lien solide se manifeste aussitôt, comme le montre la figure obtenue. Remarquons par ailleurs que la couleur verte s’est scindée dans les deux couleurs complémentaires bleu et jaune.

Bleu sera affecté à l’âme, et jaune à l’esprit.

La figure est redressée à la verticale, comme il sied à un être qui se tient debout.

Mais quelle est la valeur de l’angle de la rotation que Dieu vient ainsi d’adopter ?

A ma grande stupéfaction, comme le montre éloquemment la figure qui suit, c’est 37 degrés, l’angle du Vulcain idéal, dont la géométrie avait été découverte 3 ans plus tôt, dans un tout autre contexte, et qui était devenu le leitmotiv de tout mon travail artistique !!!

Retrouver le « Vulcain idéal » comme résultat de ma recherche, passablement déjantée, sur la création de l’Homme, voilà qui atteint des sommets d’invraisemblance.

Cette planche présente une construction plus détaillée de la figure Vulcain, en tant que représentation symbolique de la constitution de l’homme en « Corps Ame Esprit »

Quand on transporte la figure obtenue après rotation sur la nouvelle grille, il y a évidemment coïncidence parfaite.

Une variante épurée.

Cette version est particulièrement explicite.

A signaler, pour tous ceux à qui les symboles chrétiens donnent des boutons, que si l’on remplace l’âme par le « pathos » des grecs, et l’esprit par le « logos », la figure Vulcain représente très bien l’homme partagé entre son cœur et sa raison…

Beaucoup d’autres développements ont été élaborés depuis 1997, dont voici un exemple, qu’il serait hors de propos de commenter aujourd’hui.

A signaler tout de même la mandorle, un archétype essentiel en géométrie chrétienne, qui résulte du chevauchement des surfaces de l’âme et de l’esprit.

C’est dans cette zone que l’on situe « l’œil du cœur », qui associe la vision mystique à la vision intellectuelle.

A la Basilique de Vézelay, le Christ en majesté s’inscrit précisément dans une mandorle, dont j’ai comparé les proportions à celle du Vulcain trinitaire.

Eh bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, ce sont exactement les mêmes, comme en témoigne ce document.

Voilà qui donne un intérêt particulier à cette image.

Comme à celle-ci.

N’est-il pas très étonnant que l’aventure qui commença avec 14 grains de caviar et Maria-Joao Pirès, à qui j’avais offert le livre « Corps Ame Esprit », se soit poursuivie avec la découverte d’une figure, Vulcain, qui me ramena, quelques années plus tard, à l’Anthropologie ternaire ?

Et l’histoire ne s’arrête pas là.

Quelques temps après la mise en forme définitive de la figure Vulcain, une amie m’avait offert une cristallisation de gypse, qu’elle avait trouvée chez un brocanteur, et dont la forme lui avait rappelé ma figure.

Mais il y a plus : cette coïncidence formelle n’est absolument pas accidentelle, car Internet m’a révélé qu’il existe, dans la Nature, une cristallisation de gypse qui présente EXACTEMENT la même forme que la figure Vulcain !

Les angulations sont les mêmes.

Le plus étonnant, peut-être, est à venir.

Chacun sait que les dinosaures ont disparu suite à la chute d’un énorme météorite dans le golfe du Mexique, et que cette disparition permit aux mammifères de prendre le relai.

Parmi les mammifères, si l’on en croit la théorie de Darwin, l’Homme a fini par apparaître.

Si l’on en croit maintenant mon aventure géométrique – ce qui est plus hasardeux, je veux bien le reconnaître – il existerait une forme archétypique, la figure Vulcain, que l’on retrouve dans la Nature avec le cristal de gypse, et qui symboliserait la création de l’Homme par Dieu, à son image.

Eh bien, l’astéroïde qui a permis tout cela est tombé dans le cratère de Chicxulub, une plateforme composée de calcaire et … de gypse !!!

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